La ligne bleue

18 janvier 2018.

Voilà, ça y est. J’ai fait pipi sur le bâtonnet. Il y’a deux petites lignes bleues. Rapport à une grosse frayeur quand j’avais 18 ans j’ai bien lu la notice plusieurs fois, cette fois ci il n’y a pas de doute, je suis enceinte.

J’ai toujours voulu avoir un enfant. Vu que comme toutes les petites filles j’ai joué à la poupée je n’ai jamais imaginé ma vie autrement. Ce n’est donc pas un accident, on en a beaucoup parlé avec mon mari, on l’a décidé ensemble, arrêter la pilule était un peu mon cadeau d’anniversaire pour mes 30 ans, Maxine n’est pas un accident, c’est un enfant réfléchi et voulu. Sauf que bon, entre la théorie et la pratique y’a un petit écart, genre le grand canyon, mais passons.

Alors je vois déjà arriver les gens qui m’ont côtoyé ces 5 dernières années: « ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, tu disais que t’en voulais paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas, au final tu vois que t’as changé d’aviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis! ». Et non les gens, la seule raison pour laquelle je disais que je n’en voulais pas c’est parce que j’ai un super esprit de contradiction et que passé le jour de mon mariage tout le monde a commencé à bien me gonfler en me demandant tout le temps quand est ce qu’on allait se reproduire donc c’était juste pour vous faire chier. Oui je sais, je suis une meuf hyper sympa. Et aussi, il m’a fallut un peu de temps pour convaincre mon époux. Voilà, c’est dit.

Donc je suis enceinte. J’ai longtemps imaginé ce moment, un peu comme dans les films, j’allais courir dans les bras d’Arnaud pour lui annoncer, ou lui acheter des petits chaussons ou un truc mignon dans le genre. Sauf que bon, il est 7h du matin, il dort, et de toutes façons le test c’était juste pour être sûrs, entre mes seins qui ont triplé de volume et le fait que je m’endors dès que je m’assois y’avait pas grand doute possible.

Du coup je veux pas le réveiller, je vais commencer par aller fumer une cigarette sur le balcon pour digérer la nouvelle. (Si vous êtes en train de vous dire « haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, elle sait qu’elle est enceinte et elle fume!!! » attendez de lire l’article qui vous expliquera comment j’ai pas réussi à arrêter la clope de toute ma grossesse, vous serez pas déçus du voyage. Et gardez vos opinions pour vous, à part me faire culpabiliser ça ne fera rien d’autre, et croyez moi, la culpabilité j’en ai mon compte, je suis maman!)

A 7h08 il est toujours pas réveillé et moi je viens de me rappeler que l’autre soir, quand il m’a fait remarqué que mes seins étaient énormes, j’ai dit que j’étais peut-être enceinte et il a répondu (à lire avec l’accent marseillais) « putain à tous les coups c’est ça, oh putaiiiiiiiiiiiiiiiiin ». Bon, je vais aller fumer une deuxième cigarette.

Après la douche, le petit déjeuner, trois tasses de thé et une autre clope, parce que bon, quand même, je fais pas trop la fière, il dort toujours. Je lui écris donc une lettre pleine de trucs positifs sur le fait qu’on va être parents (je crois que mon meilleur argument était « tu vas pouvoir utiliser sans fin « je suis ton père » », il est fan de star wars.) J’ai posé la lettre sur la table, avec le test et toutes les bouteilles d’alcool de la maison au cas où il aurait besoin d’un remontant. Et je suis partie faire les courses.

Alors que j’étais réveillée depuis 5h du mat’, allongée les yeux grands ouverts tel un genre de hibou, à me retenir d’aller faire pipi et en stress de fou à l’idée de savoir pour de bon que j’attendais un bébé Monsieur (qui est, il est vrai, vachement plus détendu que moi dans la vie en général) dormait toujours quand je suis rentrée. Cette fois ci fallait vraiment que j’aille lui dire, je venais d’avoir ma meilleure amie au téléphone et je lui avait tout balancé en deux minutes alors que je chantais dans ma tête « dis rien, dis rien, dis rien… ».

J’ai donc chargé ma lettre, une tasse café et une bouteille de rhum sur un petit plateau et je suis monté réveiller l’homme. Pour mon plus grand soulagement sa réaction a été vachement plus cool que ce à quoi je m’attendais (en même temps il avait dû voir la panique sur mon visage) et il a juste dit « alors? », j’ai dit « lis d’abord la lettre » et après l’avoir fait il a dit « bon, ben c’est bien, on va le faire ensemble, c’est une nouvelle aventure ». pffffffffffffffffffff le soulagement!

Maxine ma fille, un jour quand tu seras plus grande, tu me demanderas sûrement comment j’ai su que tu allais arriver. Je fais confiance au refoulement pour m’aider à édulcorer un peu l’anecdote et je promets d’enlever tous les « putains » de ton père et tous les « mais qu’est ce qu’on a fait?! » de ta mère. Et tant qu’à faire je te promets de ne jamais te parler de chou et de rose, parce que faut pas déconner quand même. Je te jure qu’on t’as voulu et qu’on est contents 80% du temps depuis que t’es là (parce qu’on aime bien dormir mais toi c’est pas ton truc apparemment), c’est juste que des fois entre ce qu’on a imaginé et la réalité, entre la théorie et la pratique, y’a une putain de différence!

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