Un mois au paradis

Voilà, ça y est, on rentre à la maison.

Personnellement je trouve l’équipe médicale un peu inconsciente de me laisser partir avec mon bébé au bout de trois jours et de penser que je vais m’en sortir. D’ailleurs jusqu’au dernier moment je pensais que quelqu’un allait arriver en courant pour me dire « non, non, non, c’était une blague, restez encore un peu, vous êtes pas prête! ».

Mais bon, c’est eux les professionnels…

Mon chéri est venu nous chercher. Il m’a acheté des fleurs. Il a mis le siège auto dans la voiture. Il a réussi à attacher Maxine du premier coup.

Mon chéri est merveilleux. Moi à côté on dirait un peu une poule qui a trouvé un couteau… Un très joli couteau, très beau et très cher qu’il ne faut surtout pas casser mais livré sans mode d’emploi.

Sur la route on se rend compte que non, ce n’est pas un mythe, quand tu as un bébé tu roules doucement. Et ça nous fait sourire.

On arrive à la maison, Arnaud décharge la voiture, il a fait le ménage dans toute la maison, on fait visiter à Maxine, on défait les valises…

C’était il y a à peine 4 mois et je ne me souviens déjà pas de tout.

Je me souviens qu’on a mangé un bon repas avec du crabe, des gnocchis au fromage et une flûte de champagne.

Je me souviens que les deux premières nuits ont été très difficiles parce que Maxine pleurait beaucoup et qu’on avait bien tout prévu mais qu’on a dû rectifier certains trucs, genre la station de change dans la chambre qui était pas adaptée, le berceau qui était trop loin de nous, me lever 5 fois pour aller allaiter dans un fauteuil alors que le lit ne voulait pas me laisser… Oui parce qu’en fait on avait tout bien prévu, on avait lu plein de livres et tout, mais on avait omis qu’il était possible que notre bébé pleure beaucoup. JE VOUS DIT QU’ON EST NAÏFS!

Je me souviens que la deuxième nuit à 3h du matin on était absolument épuisés, assis dans le lit à pas comprendre pourquoi elle pleurait encore et qu’on a pris un fou rire nerveux en disant « MAIS POURQUOI?! MAIS QU’EST CE QU’ON A FAIT?! ».

Je me souviens que le lendemain matin on était affalés sur la table de la cuisine avec Maxine dans son cosy, les parents d’Arnaud allaient arriver pour la rencontrer et on était à bout de nerfs, on se demandait comment on allait passer la journée. Avec un fou rire nerveux toujours. On rigole beaucoup chez nous.

Je me souviens de la soirée raclette de l’enfer où Maxine ne voulait pas dormir du tout et comme je ne savais pas quoi faire je la mettais au sein dès qu’elle pleurait. On avait un peu voulu se prouver que « non, mais avoir un enfant va pas changer notre rythme de vie, faut arrêter quoi! », en fait si! Et je m’en voulais et j’étais persuadée que les copains voudraient jamais revenir à la maison à cause du bébé qui hurle et de la maman qui stresse.

Mais surtout au milieu de tout ça je me souviens qu’Arnaud était là. Qu’il changeait toutes les couches, qu’il faisait des câlins à Maxine, qu’il lui chantait des chansons, qu’il me faisait à manger, qu’il m’envoyait me coucher quand j’étais trop fatiguée, qu’il allait faire les courses et qu’il allumait la cheminée. Qu’il m’empêchait (et qu’il m’empêche toujours un peu tous les jours) de me noyer complètement dans mes angoisses.

Je m’étais toujours imaginée avec un bébé mais vu mon histoire personnelle je m’étais jamais imaginé le papa et la vie avec et comment ça allait se passer. Autant vous dire que du coup, j’étais au top de ma vie. Oui parce qu’en cours de psycho j’ai appris qu’il faut « un père assez serein » pour permettre « à la mère d’être assez folle », il était hyper détendu de la feuille et moi j’étais tendue comme une arbalète, j’avais pioché le bon numéro.

Je me souviens avoir passé de longs moments à regarder Arnaud avec Maxine dans les bras et à me dire que je n’avais jamais rien vu d’aussi beau, d’aussi parfait. Je n’avais jamais été aussi heureuse, je n’avais jamais été aussi amoureuse, c’était presque trop beau pour être vrai. Puis après l’angoisse reprenait le dessus et je me demandais quand est ce que tout allait se casser la gueule, quand est ce qu’il allait partir? (ha ben oui, on est névrosée ou on l’est pas, faut pas déconner non plus!)

Le refoulement a déjà dû passer un peu par là parce qu’il n’est pas possible qu’on se soit pas engueulé du tout et que tout se soit passé comme sur des roulettes mais je garde de ce premier mois des souvenirs merveilleux de plein de petits moments simples, de petites victoires, de moments d’amour. Je sais que j’ai eu beaucoup de chance de l’avoir eu à la maison un mois complet parce que tous les papas ne peuvent pas se le permettre, et je sais aussi que le jour où il est reparti travailler j’ai paniqué et j’ai pleuré.

Et aujourd’hui quand le post partum devient trop dur à gérer, je me raccroche à tous ces petits souvenirs et je remercie le refoulement d’avoir commencé son travail.

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