Rendez-vous en terre inconnue

Non je ne suis pas morte, je n’ai pas replongé dans le post partum, je ne me suis pas pendue avec le cordon de la douche, je n’ai pas disparu de la surface de la terre, j’étais juste en vacances.

Avant quand j’avais un boulot et pas d’enfant les vacances c’était ne rien faire du tout, partir quelque part de sympa éventuellement et boire beaucoup de rosé obligatoirement. Maintenant c’est faire tout pareil que tous les jours mais ailleurs. A part la lessive. Oui parce qu’apparemment dans le métier de maman pas de congés, pas de RTT, pas de cuite au bar avec de parfaits étrangers. Mais c’était vachement chouette quand même.

Alors pour nos premières vacances en famille à trois on est parti à Marseille. Voyez vous Arnaud est Marseillais. Pas celui qui dit qu’il l’est parce qu’il y a été en vacances souvent et qu’il est fan de l’OM. Pas celui qu’on voit dans les émissions de télé réalité non plus, Dieu merci. Le vrai. Il y est né, il a l’accent (qui s’amplifie à mesure qu’on se rapproche de la cité Phocéenne), il dit « putain » ou « enculé » en moyenne 56 fois par jour (et parfois même « putain l’enculé »), il a plusieurs maillots de l’OM et quand y’a personne quelque part il dit qu’il « y’a degun ». Vous visualisez un peu?

Sauf que depuis qu’il vit en Lozère il y retourne pas souvent. Ses parent n’y habitent plus et il veut « garder les bons souvenirs de son enfance ». Parce qu’apparemment Marseille a beaucoup changé depuis.

Moi de mon côté, avant de connaitre Arnaud, j’imaginais Marseille comme dans les films de Pagnol. Les petites places mignonnes avec des vieux en Marcel qui jouent à la pétanque en buvant du pastis, des pêcheurs qui vendent le poisson à la criée sur le port, les cigales, la lavande, tout ça tout ça. Sauf que depuis que je vis avec lui je fais beaucoup plus attention à ce qu’on en dit dans les médias et du coup dans ma tête c’est devenu Banlieue 13. Le sens de la mesure toujours. En 6 ans on y a été 5 fois et à chaque fois chez des gens sans trop faire de tourisme, il m’a emmené au Frioul une fois mais c’est tout. Et de toutes façons je suis tellement persuadée qu’à tous les coups il va y avoir une fusillade et que la seule balle perdue sera pour ma tronche que du coup, à Marseille, je sors pas de la voiture sans Arnaud, je marche en regardant mes pieds et même, limite, je vais pas faire pipi sans mon homme. On sait jamais.

Donc on a décidé d’aller à Marseille chez le meilleur ami d’Arnaud, son « petit copain Pablo ». Et même si c’est une ville qui me colle les miquettes, comme j’aime vraiment beaucoup Pablo, je prends sur moi et je croise les doigts pour que personne ne décide de régler ses comptes quand on passe à côté.

Alors avant de partir, déjà, il a fallu faire les valises. Pour partir avec un bébé. Crise d’angoisse de niveau 9 sur l’échelle des mamans.

J’ai passé une journée à faire et défaire et refaire des sacs pour être sûre de rien oublier. Et à force de faire et de défaire j’ai oublié ma bombe lacrymogène. Sérieusement. La meuf elle vit en Lozère elle a toujours la bombe au fond du sac, elle part en vacances dans un des rares endroits où ça pourrait potentiellement lui servir elle l’oublie sur le meuble de l’entrée. Des fois je me foutrais des claques. Mais passons.

Donc nous avant d’être parents on disait souvent (à lire avec une voix de connards qui ne savent pas de quoi ils parlent): « non mais laisse tomber, nous on emmènera que le strict minimum, ça sera pas le déménagement, faut arrêter au bout d’un moment! ».

Je vous laisse prendre une minute pour vous foutre de nos gueules.

Déjà parce qu’entre le lit valise, le cosy, le tapis de jeu et tout le bordel nécessaire au bien être de notre fille la voiture était pleine. Et ensuite parce que dans notre strict minimum on a mis son éléphant en peluche qui prend une place sur la banquette de la dite voiture. Voilà voilà…

Une fois que la voiture a été bien pleine (alors que dans mon sac à moi y’avait presque rien, pour la première fois de toute mon existence) on est partis.

J’étais excitée comme à Noël. Oui parce que moi en tant qu’enfant de divorcés je sais pas ce que c’est que des vacances en famille. D’ailleurs ça m’a toujours fasciné et je me suis toujours demandé ce qu’on y faisait. Même quand j’étais petite je me demandais ce que pouvaient bien faire mes copains qui avaient leurs deux parents à la maison pendant tout l’été. J’allais enfin savoir, j’étais au top de ma vie.

Après, les fous rire ont pris le pas sur l’excitation parce que plus on approchait plus j’entendais des phrases merveilleuses telles que « va te faire lécher les yeux », « figure de pain sucé, « et « et vas y, cavale trompette! ». Et ma préférée de toutes pendant ces vacances « va te faire une soupe! », celle là j’ai rigolé tout le long du Prado.

Et puis on est arrivés.

Je m’auto décerne un bon point parce que j’avais rien oublié. Enfin c’est ce que j’ai cru pendant les 36 premières heures. Mais déjà c’est pas mal. Je trouve.

Oui parce que j’avais prévu assez de pyjamas, de body et de tenues pour y rester 1 mois mais j’avais oublié qu’à Marseille il fait beau et y’a du soleil. Et comme je fais partie des gens qui préfèrent mourir d’une insolation que mettre une casquette j’avais pas pensé qu’il fallait un chapeau pour mon bébé. Du coup quand on s’est assis à la terrasse d’un charmant petit restaurant du port de Cassis pour manger j’ai tapé une légère crise d’angoisse quand tout le monde a commencé à nous proposer des trucs pour couvrir la tête de Maxine. Parce qu’en plus d’être un bébé elle est rousse. Au soleil elle risque quand même vachement de prendre feu notre enfant.

Du coup on lui a fait un fichu avec une serviette de table et, en plus de la protéger d’une mort certaine, c’était hyper kiki. Voyez plutôt.

Comme c’était la seule crise de toutes les vacances je pense qu’on peut dire que c’était des « premières vacances en famille avec une bébé de 6 mois qui fait pas ses nuits » hyper réussies. Surtout que choupette a été absolument adorable pendant 5 jours.

Rigoler avec les copains, les apéros en terrasse, le soleil, la mer, la promenade sur le port, la boutique de savon où j’ai dépensé un demi salaire, Arnaud en mode Bengous devant le stade vélodrome, le toit du Corbusier. Tout ça restera pour toujours mes meilleurs souvenirs de mes premières vacances en famille. Et j’espère pour tous les gens « normaux » qu’ils ont à peu près les mêmes. Parce que franchement, il en faut pas beaucoup pour être heureux. J’étais délirante de bonheur juste avec un petit verre de blanc sur le port de Cassis et une ballade main dans la main jusqu’au phare.

Et surtout, SURTOUT, alors que ça faisait des semaines qu’on s’évertuait à essayer de faire prendre un fou rire à Maxine elle a eu son premier pendant les vacances. Et c’était même pas avec nous mais avec une vieille dame un peu farfelue qui lui expliquait que comme elle était rousse en d’autres temps on l’aurait brûlé pour sorcellerie. Elle a rigolé 5 minutes (depuis j’hésite entre consulter un pédo-psy ou un exorciste). Et ça, ça n’a pas de prix. Pour tout le reste…

2 commentaires

  1. Comme vous m’avez fait rire … « oh putain  » oui je suis sudiste aussi mdr pas comme bengous mais bon allez l’OM quand même .. c’est vrai que les premières vacances font un bien fou 🙂

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  2. Super souvenir de vacances ! J’ai adoré Marseille même si j’appréhendais aussi… Les calanques surtout, il y a vraiment des paysages magnifiques (je parle de vacances en amoureux..). Chapeau et lunettes toujours dans le sac à langer on ne sait jamais 😉

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