Le travail c’est la santé.

Non je ne pense pas que ne rien faire c’est la conserver. Au contraire.

Je travaille depuis que j’ai 17 ans. Je ne remercierais jamais assez ma mère de m’avoir laissé faire un apprentissage après une deuxième année de seconde où j’avais réussi l’exploit phénoménal d’avoir de pires notes que la première.

J’aime pas l’école.

Je crois que depuis le CP j’aime pas l’école. D’abord dès le CP y’avait une connasse qui m’a martyrisé jusqu’à la fin du collège, mais en plus faut rester assis tout le temps et on apprend plein de trucs qui servent à rien. J’ai 32 ans et comme beaucoup j’attends encore le jour où je pourrais ressortir le théorème de Pythagore.

Ma maman, elle, aurait bien voulu que je passe au moins le BAC mais elle a fini par abandonner quand elle a vu qu’au lycée la seule chose que je retenais c’était les techniques de scarification et les méthodes de roulage de pétards.

Par contre quand elle a capitulé elle m’a dit « Je te préviens tout de suite, si tu comptais rester à la maison à rien foutre tu te fous le doigt dans l’œil jusqu’à la troisième phalange, si tu veux pas aller à l’école, tu iras travailler ».

Comme en plus une fois, quand j’avais une dizaine d’années, mon grand père, en parlant d’une pièce rapportée qu’il n’appréciait pas, m’a dit « Y’a pas de faignants dans la famille, ça va pas commencer maintenant » j’ai brûlé mon cartable et j’ai été travailler.

Depuis j’ai vachement rarement été au chômage (déjà parce que je trouve que le processus d’inscription à Pole Emploi est tellement pénible qu’il vaut mieux aller bosser, c’est moins fatiguant) et je cumule des expériences professionnelles aussi variées que farfelues, de tous les métiers de la restauration à chorégraphe en hôtel club en passant par ouvrière agricole en Australie, aide à domicile, vendeuse de cosmétiques et danseuse de cabaret.

En plus je veux pas faire honte à mon grand père. Il serait capable de revenir pour me jeter sa pantoufle.

Bref.

Ces dernières années j’étais dans le médico-social. Je suis retournée à l’école de mon plein gré (ma mère était tellement fière…) à 28 ans pour faire une formation d’AMP parce que je voulais travailler auprès de personnes handicapées.

Je crois que je pourrais écrire un blog complet sur l’ascenseur émotionnel, la déception énorme, la tristesse infinie et la colère légendaire que représentent ma courte carrière. Un jour peut être.

Et donc depuis le 21 septembre je suis maman. Et très honnêtement je comptais pas retourner au boulot avant que mon conseiller Pole Emploi m’y ramène lui même en me tirant par les cheveux.

Donc depuis presque 8 mois je suis maman à temps plein. Le prochain qui me dit que c’est une « pause dans la carrière » je lui pète la mâchoire, j’ai jamais autant travaillé de toute ma vie. J’ai jamais autant appris non plus d’ailleurs.

Alors déjà je tire mon chapeau à toutes les mamans qui sont retournées travailler à la fin de leur congés mater parce que moi personnellement si j’avais dû laisser mon bébé à qui que ce soit à deux mois et demi on attendrait encore que je laisse le dit bébé à la personne en question aujourd’hui. Donc bravo mesdames.

Je tire un chapeau encore plus grand (genre un sombrero) à toutes celles qui y sont retournées alors qu’elles allaitaient. Rien que de penser à la logistique du tirage de lait et à travailler une journée complète après une nuit avec bébé qui te suce la vie par les nénés je fais un malaise vagal. Chapeau bas Mesdames. Big up et respect éternel.

En théorie je devais donc rester à la maison avec Maxine le plus longtemps possible pour m’occuper d’elle. En plus vu qu’on en aura pas d’autre je ne voulais pas en rater une minute. On allait faire plein de trucs ensemble, la maison serait toujours propre, on allait s’éclater, mon plan était parfait.

En pratique… Je l’aime de tout mon cœur et je ne peux plus imaginer ma vie sans elle mais elle me rend chèvre. Et pour ce qui est de la maison toujours propre et de l’épanouissement personnel… Veuillez vous référer à l’article « Bree Van de Kamp est une connasse », c’est assez complet .

Du coup après un énième pétage de câble il n’y a pas si longtemps j’ai décidé d’y retourner, pour plusieurs raisons:

  • Pour laisser Maxine quelques heures par jour.
  • Pour avoir plus de deux personnes à qui parler dans la journée.
  • Pour sortir de la maison.
  • Pour remettre mes robes de pin up.
  • Pour avoir une autre raison de mettre du maquillage que « je camoufle mes cernes ».
  • Pour ne plus être « juste une maman ».

Donc je me suis mise à la recherche d’un emploi. Par contre autant vous dire que j’avais une liste de critères longue comme la jambe. Le bras c’est pas assez long.

Déjà il était hors de question que je refoute ne serait ce qu’un orteil en institution. Mes dernières expériences m’ont rendue franchement misanthrope et vu la dégradation des conditions de travail c’est mort, même si on me double le salaire j’y vais pas.

Si possible j’aurais bien voulu un boulot où y’a pas de travail d’équipe parce que si je dois revivre la guerre civile en laquelle consiste la pose des congés d’été je vais tuer des gens mais en plus vu que dans le médico-social on est une majorité de femmes et qu’apparemment quand tu nous laisse trop entre nous sans homme pour canaliser le bordel on devient hystériques… Oui, je fais partie des connasses qui pensent qu’il est plus facile de gérer un psychotique en crise violente ou 30 levers en maison de retraite qu’une réunion d’équipe. Je suis pas parfaite dans mon boulot et je suis sûrement la connasse de quelqu’un mais, du coup, si je peux éviter des désagréments des deux côtés, je le fais.

En plus de tout ça il fallait que ce soit un mi temps qui s’accorde avec les horaires d’Arnaud pour pas avoir à laisser Maxine trop à la crèche et qui me laisse encore du temps avec elle.

Et que ça coïncide à peu près avec les heures de tétée. Le tire lait est mon ami et il me libère de précieuses heures mais je veux pas passer la moitié de mes journées avec non plus.

Autant vous dire que mon conseiller pôle emploi doit pas me porter dans son coeur.

Mais quand même j’ai trouvé!

Le boulot parfait. Pour moi en ce moment en tout cas.

Donc depuis deux semaines je livre les repas à domicile pour des personnes âgées.

C’est génial parce que c’est que deux heures par jour, j’ai pu décaler la tétée de Maxine sans soucis, elle passe plus de temps seule avec son papa (Le seul point négatif c’est que c’est lui qui choisit ses habits. Lui il dit « discutable ». Moi je dis négatif.), je remets mes robes de pin up, je suis maquillée 5 jours par semaine, je n’ai pas de chef sur le dos, pas de collègues de travail, pas de réunion d’équipe et c’est moi qui choisis la musique tout le long de ma tournée.

Merci mon Dieu, je peux ré écouter Claude François et Michel Sardou en chantant à tue tête. Rien que ça, ça valait le coup d’y retourner.

Couplé avec le fait que les personnes que je livre sont toujours contentes de me voir parce que je leur amène à manger mais aussi parce que je vis à leur époque c’est le pied.

Alors oui je fais ma maligne comme ça mais en vérité le premier jour Arnaud était au boulot, c’est ma mère qui est venue garder Maxine et il a fallu qu’elle me foute dehors à coups de pieds aux fesses parce que j’arrivais pas à passer la porte. Mais c’était le premier jour. Maintenant ça va vachement mieux.

En plus Maxine en a vraiment rien à foutre, je crois que y’a même des jours où elle s’aperçoit pas que je pars pendant deux heures. Et moi je suis hyper contente de la retrouver quand je rentre.

Et je suis tellement contente d’avoir autre chose à raconter à mon homme que le nombre de couches, le nombre de tétées et le nombre de fois où sa fille a essayé de lécher une bûche ou dépoter une plante verte.

Tout ça pour dire que retourner au boulot, même si c’est qu’un tout petit peu, a été hyper bénéfique pour moi et que ça a changé beaucoup de choses dans la vie à la maison.

Et putain, ça fait vraiment du bien.

Un commentaire

  1. Comme quoi, on s’imagine un congé maternité tout rose et puis finalement oui ça fait quand même du bien de retourner au travail. J’ai repris de suite après mon congé et ma puce avait donc 2 mois et demi quand je l’ai laissé à la crèche. Pas facile, mais surtout pas le choix! Tout se passait bien jusqu’à il y a quelques jours et la fameuse peur de l’abandon des 9 mois 😦
    Super pour ton nouveau boulot! 😉

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s