Lettre à ma fille

Dimanche c’était ma première fête des mères.

Alors comme je t’ai promis de toujours être honnête je te dirais pas que c’était le meilleur dimanche de mon existence parce qu’après avoir fait la bringue une bonne partie de la nuit tu m’as réveillée aux aurores et on s’est tapé 4 heures de route pour que j’aille voter parce que ta mère, vois tu, a un certain sens de la tradition et refuse de changer de bureau de vote.

Mais…

D’abord j’étais toute émue parce que j’ai mis des plombes à me sentir vraiment maman alors j’étais vraiment contente qu’il y ait un jour sur le calendrier pour célébrer le chamboulement qu’ont été ces huit derniers mois.

Ensuite j’étais hyper contente parce que quand ton père s’est levé il t’as prise avec lui dans la véranda et quand vous êtes revenu tu avais deux cadeaux pour moi. Emballés dans du papier journal, petite marque perso de ton papa, et tu étais en train d’en manger un.

Je crois que j’ai jamais rien vu d’aussi beau que vous deux dans vos pyjamas avec les cheveux en pétard en train de me tendre mes paquets. Y’avait du monde à la maison alors j’ai retenu mes larmes mais à l’intérieur c’était les chutes du Niagara. Le Niagara de la joie mais Niagara tout de même.

J’aurais été contente avec un collier de nouilles ou deux coquelicots fanés mais ton père étant le merveilleux homme qu’il est j’avais un tee-shirt Game of Thrones dont je rêve depuis des semaines (preuve que quand on lance des idées de cadeaux, des fois, les hommes retiennent) et un body pour toi avec dessus une maman éléphant et son bébé et au dessus écrit « Tu fais un super boulot Maman, joyeuse première fête des mères ». On doit être des milliers à avoir eu ce body en cadeau dimanche mais c’est le plus beau body que j’ai jamais vu. Je sais même pas si je vais te le mettre. Je vais le garder toute ma vie.

Un jour tu verras sur une étagère chez ta grand mère une vieille fleur en papier crépon dans un pot de yaourt. J’ai jamais compris qu’elle le garde aussi longtemps. Toute ma vie je l’ai entendu répéter le poème qui allait avec et que j’avais appris en première année de maternelle. Maintenant je comprends.

Maxine ma chérie je ne me suis pas sentie maman à la seconde où on t’as posée sur mon ventre toute violette avec tes cheveux orange tout collés à ta petite tête. J’ai été démunie un petit moment avant d’avoir à peu près l’impression de savoir ce que je faisais. Et même si ce n’est pas facile tous les jours je peux maintenant dire qu’être ta maman est la plus jolie chose qui me soit arrivée.

C’est peut-être un cliché, ça en est même un que je ne supportais pas avant que tu débarques, mais être ta maman c’est le plus beau métier du monde.

Tu sais ce n’est pas toujours évident pour moi parce que ta grand-mère a mis la barre très haut en matière de « super maman » mais je m’applique et je fais de mon mieux. J’ai toujours rêvé d’avoir une fille. Je crois que c’était pour avoir quelqu’un qui m’aime autant que j’aime ma maman, c’est sûrement égoïste mais il me semble que de toute façon faire un enfant c’est hyper égoïste, je suis plus à ça près. J’espère de tout mon cœur que l’on aura une jolie relation.

J’espère que tu pourras me faire confiance, que tu sauras que tu peux toujours rentrer à la maison, que tu peux toujours m’appeler, même au milieu de la nuit, qu’il y aura toujours une oreille attentive à tous tes problèmes, les petits comme les gros, une épaule pour pleurer quand tu auras du chagrin et des câlins pour les guérir.

Maxine ma chérie je ne peux pas te promettre une vie sans malheur, sans imprévus, sans galères. Mais je peux te promettre que tu ne seras jamais toute seule pour y faire face.

Depuis que tu es arrivée dans ma vie ma plus grande peur c’est que l’on fasse du mal à ton petit cœur.

Et je ne peux pas te promettre que cela n’arrivera jamais. Mais je te promets que je t’achèterais des tablettes de chocolat, je te dirais que les garçons sont tous des cons, on regardera Dirty Dancing, je te peindrais les ongles des pieds, j’aurais toujours une boîte de mouchoirs et je te consolerais. Si il faut j’irais te défendre moi même. Si ça ne suffit pas, ou si il est trop grand, on y enverra ton père. Et on t’inscrira au judo.

Maxine mon petit chat je te souhaite tellement de bonheur que je ne sais pas comment l’écrire.

Je te souhaite les petits bonheurs de tous les jours et les grandes joies qui arrivent moins souvent.

Je te souhaite des millions de jolis souvenirs d’enfant.

Je te souhaite une adolescence la moins pourrie possible.

Je te souhaite une vie d’adulte bien remplie.

Je te souhaite d’être bien entourée tout au long de ta vie.

Je ne veux que le meilleur pour toi. Pas le meilleur qui s’achète, je n’en ai pas les moyens et puis ça ne sert à rien. Simplement le meilleur de tout ce que l’on peut vivre.

Mon petit Patachou je te remercie pour tout ce que tu m’as appris sur moi même depuis que tu es dans ma vie. Avec toi j’ai appris la patience, comment tenir une journée complète avec 4 heures de sommeil, l’organisation des journées lessive, à faire les courses avec un bébé dans le dos, et parfois, un bébé au sein, à caser un maximum de trucs dans le panier de ta poussette, la force mentale pour ne pas perdre pied, à changer une couche dans le coffre de ma Fiat 500, le vrai sens de « l’amour absolu ». Avec toi j’ai appris à aimer de tout mon être sans rien attendre en retour (et heureusement parce qu’au début tu donnais pas grand chose…)

Mon petit cœur on m’avait prévenue mais je n’y croyais pas, je passe de longs moments à te regarder et à m’émerveiller que tu sois sortie de moi. Que ce soit moi qui t’ais faite. Tu es tellement jolie que je ne peux pas y croire. Tu es tellement marrante sans le faire exprès. Tu es tellement parfaite avec toutes tes petites imperfections (sans vouloir te mettre la pression, faudrait vraiment que tu bosses ton problème avec le sommeil, je pose ça là en passant). Vraiment si je n’avais pas été là pour te voir sortir de mon ventre moi même je n’y croirais toujours pas.

Maxine merci pour ces 8 derniers mois, merci de m’avoir choisie pour être ta maman, merci pour tous tes sourires et tes bisous baveux, merci pour toutes les nuits sans sommeil à te regarder, pour toutes les heures collée contre mon sein, ça m’a épuisée mais un jour ça me manquera.

Merci d’avoir fait de moi une femme.

Merci d’avoir fait de moi une mère.

Merci d’être ma fille.

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