Ambivalence ta mère!

Salut tout le monde, ça fait longtemps, pour pas changer.

Je comptais vous écrire un article sur la décroissance et la sobriété heureuse y’a au moins deux semaines et puis j’ai pas eu le temps, genre, j’ai cligné des yeux et deux semaines s’étaient écoulées.

Entre temps Maxine a dû trouver que je parlais trop écologie et politique sur le blog et m’a donc fourni un nouveau sujet plus « maman ». Dont je me serais bien passé, soit dit en passant.

Vous connaissez l’ambivalence?

Elle est en plein dedans.

C’est donc une maman mi triste-mi perdue et re mi-triste derrière qui prend le clavier ce soir armée, comme toujours, de son verre de vin, et en plus ce soir, d’un grand mouchoir. (En tissus, sinon c’est pas écolo. Voilà, c’était le billet vert du jour).

Donc depuis le mois d’octobre j’ai repris le boulot à temps partiel. Je travaille de nuit dans un IME. Deux nuits par semaine. Jamais le weekend. Et j’ai la moitié des vacances scolaires. Pas beaucoup de travail d’équipe, pas de guerre civile pour la pause des congés, pas de réunionite aiguë. Beaucoup de temps libre pour Maxine.

J’adore mon boulot.

La semaine dernière j’étais donc en congés.

Je me faisais une joie folle de passer ma semaine avec Maxine.

On a commencé par un super weekend toutes les deux chez ma mère parce qu’Arnaud travaillait. C’était génial. Quand on est chez ma mère on va faire de longues ballades, on boit le café chez plein de gens sur le chemin, on court dans le jardin, on mange que des bons trucs, on fait des câlins devant la cheminée, on danse avec la musique à fond, on rigole comme des folles, Maxine fait du yoga avec sa mamie, je peux faire des grasses matinées, voir mes copains de jeunesse.

Bon, je dis c’était génial, Maxine a eu la gastro ce weekend là. Je savais pas qu’on pouvait faire autant de vomi avec un si petit corps. Mais du coup elle a pris plein de bains, elle était finalement assez contente.

Après elle m’a filé sa gastro (qui a dit que les enfants uniques n’étaient pas partageurs?). Même si ma maman s’est occupée de moi comme quand j’étais petite j’étais quand même que mi-contente.

Le lundi on est rentrées à la maison, à peu près guéries.

Et là tout s’est cassé la gueule.

Maxine est dans une phase absolument merveilleuse où elle m’aime vachement moins quand son père est là.

Quand on est que toutes les deux c’est la plus mignonne des petites filles (à une vache près, faut pas déconner). Dès que son père passe la porte, c’est toujours la plus mignonne du monde, mais qu’avec lui. Moi elle me veut plus, elle crie quand je m’occupe d’elle, elle me tape.

C’est merveilleux.

Au bout de 4 jours, quand j’ai pris une énième gifle je me suis entendue dire à ma fille « Là c’est plus possible, tu vas avec papa, tu vas avoir une discussion avec lui, maman n’en peut plus, elle va courir, elle boude, on verra en rentrant si elle boude plus mais là c’est trop dur ».

J’ai 32 ans et j’ai dit à ma fille que je boudais.

Du coup je suis partie courir, j’étais tellement en colère que je crois que c’est mon meilleur temps sur mon parcours habituel.

En rentrant je suis restée dans la véranda pour faire mes étirements parce que j’ai entendu Maxine et je me suis dit « non, là je peux pas ».

Du coup je pleurais comme une madeleine dans la véranda (un peu parce que ma souplesse s’est barrée le jour de mes 30 ans, beaucoup parce que j’étais triste, encore plus parce que j’étais en colère après moi même d’être une aussi mauvaise maman).

Quand Maxine a été à la sieste Arnaud est venu me rejoindre pour me faire un câlin, me demander ce qu’il pouvait faire pour m’aider.

Entre deux sanglots j’ai dit « je sais même pas pourquoi je me fais chier à travailler la nuit pour avoir du temps avec elle, elle en a rien à foutre de moi, je vais retourner bosser à temps plein du lundi au vendredi et basta. »

Arnaud a resserré ses bras autour de mes épaules tremblantes et m’a proposé de partir un weekend avec elle pour « que tu aies du temps pour toi et pour que tu lui manques ».

J’ai réfléchi deux secondes.

Je me suis imaginée les doigts de pieds en éventail, sirotant du rosé avec mes copines, dansant comme une folle en boite, faisant une grasse matinée…

Après je me suis souvenu qu’on est en hiver et que je quitte pas mes chaussettes même la nuit, qu’en ce moment je n’ai pas de copines dispo pour boire du rosé, qu’en boite la musique est trop forte et les gens trop jeunes et la musique trop pourrie, et qu’avec l’âge maintenant, quand je picole, j’ai des aigreurs d’estomac et je peux pas faire la grasse matinée parce que ça me réveille. (Putain c’est glamour la trentaine!).

Du coup je me suis dit que me connaissant j’allais passer mon weekend à faire du ménage et regarder des conneries sur Netflix. Et ça je peux très bien le faire avec Maxine et Arnaud à la maison.

En plus tout de suite après j’ai eu une bouffée d’angoisse « imagine tu lui manques pas et elle se rend compte qu’elle a carrément pas besoin de toi et elle te re aime plus jamais même quand Arnaud va bosser?!?!?! ».

J’ai regardé Arnaud, j’ai dit « merci mais non merci ».

Le lendemain ça allait un peu mieux, la conversation qu’elle avait eu avec son papa avait porté ses fruits.

Disons que maintenant quand elle me fout une gifle elle me fait une caresse tout de suite après. Pour réparer.

J’ai recommencé à pleurer sous la douche. Ça m’avait pas manqué.

Il parait que cette phase est normale. Il parait que ça va passer. Il parait que les petites filles sont toujours plus proches de leur papa. Il parait que c’est encore plus fréquent et démonstratif chez les enfants dont les mamans ont fait un post partum (ben oui tiens, c’est la faute de la mère, comme de par hasard!).

Ça ne rend pas le bordel plus facile à digérer.

Voyez vous moi je suis pas équipée psychologiquement pour comprendre tout ça.

Moi j’ai compris très vite que mon père ne m’aimait pas plus que ça, disons que je le dérangeais pas, du coup j’ai pas trop investi la relation. J’ai toujours été très proche de ma mère, on est fusionnelles depuis le jour où je suis sortie d’elle, possiblement même avant ça. Du coup j’ai toujours imaginé que si j’avais une fille ce serait pareil.

J’ai construit mon modèle là dessus tout en rêvant toujours de pouvoir lui offrir une famille avec deux parents.

Ne vous méprenez pas, je suis hyper heureuse de la relation qu’Arnaud et Maxine ont développé, elle adore son papa, il a des émotions (et même des très fortes et des très mignonnes) depuis qu’elle a débarqué, ils s’adorent ils sont trop mignons tous les deux.

Seulement pour moi, la fille unique de famille mono parentale, c’est hyper chaud à avaler que ma fille qui, elle, a la chance d’avoir ses deux parents à la maison et hyper investis dans la relation, soit pas foutue de les aimer tous les deux en même temps.

Oui ça fait petite fille pourrie gâtée mais j’en ai rien à foutre.

Oui ça fait mère indigne mais je suis plus à ça près.

Voilà, ça fait du bien de le dire.

Je suis maman donc apparemment je peux lui en vouloir de rien, je peux rien lui faire payer, je dois tout accepter, je dois tout donner sans attendre en retour. Dans ma grande naïveté je pensais que la péridurale, les points de sutures et la dépression post partum étaient largement assez.

Dieu merci y’a internet où tu peux parler de tes problèmes à de parfaits inconnus juste pour vider ton sac, pleurer un bon coup et parfois, trouver un peu de soutien ou des astuces d’autres mamans autant en galère que toi.

Dieu merci j’ai un mari au top du top qui fait tout ce qu’il peut pour me soutenir et qui est beaucoup à la maison pour prendre le relais.

En attendant que ça passe, si quelqu’un a des tuyaux je suis preneuse.

Si quelqu’un veut boire du rosé, apparemment je peux me libérer.

Si quelqu’un veut aller profaner la tombe de Freud, je bosse pas les weekends.

A très vite. (C’est une formule de politesse hein). Des bisous (vous au moins vous me collez pas une quiche en travers de la tronche quand je dis ça.)

 

 

 

 

 

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