La huitième semaine

La semaine du bricolage parce que « là faut vraiment y aller sinon on va être dans la meeeeeeeeeeeeeeeeeerde! »

Donc cette semaine on a attaqué les travaux de la nouvelle maison. Même si techniquement ce ne sera la notre que la semaine prochaine on s’est arrangés avec les proprios pour pouvoir avancer et pas se retrouver avec deux maisons moitié vides/pleines, une qui n’est plus à nous, une qui est à nous mais pas habitable et une petite fille d’un an et demi en camping au milieu.

Donc mercredi on a dé-confiné Maxine qui est partie en vacances trois jours chez sa mamie, qui s’est elle aussi dé-confinée pour l’occasion.

Oui, je sais, on avait pas trop le droit. Mais si faire en sorte que notre fille ne campe pas dans une maison des années 70, encore dans son jus, avec une salle de bain limite utilisable et des cartons partout, n’est pas un motif impérieux, je ne sais pas ce qui l’est.

Donc Maxine a retrouvé sa grand mère, c’était magique. J’en ai eu les larmichettes. Elle n’avait vu personne d’autre que nous depuis deux mois.

Ma mère, de son côté, pour reprendre l’expression de ma copine Mimi, était aussi « extra confinou » depuis le début. En même temps c’est la seule habitante de son lieu dit, elle peut marcher 1 kilomètre sans quitter sa propriété, y’a du manger qui pousse partout autours de la maison et avec ses « voisins » ils avaient mis en place un système de panier devant le garage pour échanger des trucs de premières nécessités.

Donc depuis le début du confinement ma mère n’a vu quasi personne. Par contre elle passe en moyenne 26 heures par jour au téléphone. Et elle a découvert Whatsapp. Comme quoi tout arrive!

J’avais un peu peur que Maxine ait du mal à nous laisser mais en fait elle a dit « papa maman bricolage maison », elle nous a fait un calin et elle est partie sans se retourner (je suis un peu morte à l’intérieur à ce moment là, mon chéri m’a donné un verre de rosé, ça m’a beaucoup aidé).

Pendant ces trois jours Arnaud et moi avons enfilé nos bleus de travail et nous sommes activés sur le chantier de notre future maison en faisant des pauses pour admirer la vue et écouter la rivière. On en a un peu chié mais qu’est ce qu’on a rigolé! Entre la pose de la moquette, l’enduit, le ponçage (qui nous avait pas du tout manqué soit dit en passant), la peinture, le bricolage, les pique nique sur la terrasse, les nuits dans le chalet et les apéros de fin de chantier je suis retombée amoureuse de mon homme a peu près cinq fois en trois jours.

Oui c’était un peu dur, c’était même très fatiguant, mais la fierté de tout faire soit même alors qu’à la base on est pas des grands manuels en valait vachement la peine. Soit dit en passant, qui n’a jamais fait des travaux en couple est passé à côté du grand bonheur de s’attraper entre un escabeau et un pot de peinture. Je dis ça, je dis rien.

Donc en trois jours on a fini la chambre de Maxine, ce qui était la priorité bien entendu. Mademoiselle a maintenant une chambre sous les toits, de 16 mètres carré, avec une magnifique peinture rose et grise appliquée avec amour mais « putain quand même je les ai trouvé très grands ces murs » et une moquette posée par ses deux parents entre deux fou-rires et découpée par son papa entre deux « putain la con de ta race » (Sur un chantier c’est comme sur l’autoroute, Arnaud redevient Marseillais, c’est pas sa faute, le pauvre).

Deuxième priorité: la cuisine. Elle est terminée aussi.

C’est la cuisine la plus kitsch de l’histoire des cuisines.

Je pense que les copains qui vont se réveiller un lendemain de grosse bringue et vont foncer droit dedans, désespérément à la recherche de café, vont peut-être croire qu’ils ont fait un voyage dans le temps et qu’ils se sont réveillés en 1972.

Autant vous dire que pour moi, grande fan de tout ce qui est vintage, c’est le rêve. Par contre on ne peut plus recevoir d’épileptiques à la maison.

Alors c’est sûr qu’avec les meubles et la faïence d’origine on avait pas 1000 options non plus. On ne voulait pas tout changer parce que ça coute cher, ça sert à rien et c’est pas écologique. Donc on a juste enduit les murs et repeint. Une fois que j’aurais installé toute ma déco vintage et les rideaux que j’ai trouvé dans un placard j’aurais carrément la cuisine de ma sorcière bien aimée. Je nage dans un bonheur délirant.

A moi les chignons bouclés, les mini robes et les chansons des Beatles pour faire la cuisine. Ça va être bien, ça va trés bien même!

Ils sont magnifiques ces rideaux ou ils sont pas magnifiques?
Comment j’ai réussi à faire accepter ça à mon homme reste un mystère!

L’autre bonne nouvelle c’est que tous les copains déprimés par l’annulation du festival vintage de notre village au mois de juillet n’auront qu’à venir boire un café à la maison pour s’y croire.

On a aussi repeint la salle de bain pour lui filer un coup de propre avant que notre plombier se dé-confine lui aussi et vienne la refaire. Parce qu’autant la cuisine on pouvait vivre avec autant la salle de bain ça va pas être possible. (Par contre on garde aussi la faïence verte et orange et les meubles en bois massif, je suis tellement contente!)

Pour finir on a peint le plafond du salon. Qu’on croyait vert/beige. En fait il était censé être blanc. Maintenant il est chocolat. C’est mieux!

Sur ma liste des « trucs les plus chiants à faire de toute la vie » il y a maintenant tout en haut et en gros « PEINDRE UN PLAFOND AVEC DES POUTRES ». Au dessus de « passer le code », « remplir sa déclaration d’impôts » et « écouter une dame que tu connais à peine te raconter son accouchement parce que t’es enceinte ».

Sur la liste de « mes ennemis jurés que je maudits activement chaque jour » est arrivé, en première place, d’un coup d’un seul, le connard qui a inventé le papier peint plastifié. Devant Marine Le Pen et la connasse qui m’a martyrisé du CP à la troisième (qui, bizarrement, s’appelait aussi Marine…) Quand je croyais en avoir fini avec cette merde à la fin de la cuisine je me suis rendu compte que toutes les chambres arboraient le même papier. Parfois sur plusieurs couches. J’ai très sérieusement considéré l’idée d’annuler l’achat de la maison.

Pendant ce temps là, Maxine a fait du yoga, des promenades, lu des histoires, vu des chèvres et des vaches, fait des roulades, couru dans l’herbe et a fait deux siestes d’au moins une heure et demi par jour. Je vous jure qu’elle le fait exprès. Avec nous elle veut jamais rien savoir, avec sa grand mère c’est une marmotte. J’allais lui en vouloir et lui sucrer une partie de son héritage mais comme elle m’a cueilli un bouquet de fleurs dans le jardin de ma maman mon petit coeur a fondu et j’ai rien dit.

Quand elle est rentrée le vendredi elle nous a fait un gros câlin et elle a couru vers les escaliers en disant « ma chambre? On monte? ». Et après elle courrait partout et elle se roulait sur la moquette et elle voulait plus redescendre. Je crois que ça lui a plu.

Du coup samedi on a passé une journée tranquille tous les trois pour se retrouver et dimanche j’ai passé six heures à peindre les murs du salon. C’était interminable, j’en ai encore mal aux mains et j’ai des bleus sur les tibias parce que j’arrête pas de me cogner aux marches de l’escabeau. (D’ailleurs c’est pour ça que j’ai rien posté dimanche soir, je savais plus comment je m’appelais). Il ne manque plus que le carrelage et le salon sera fini aussi! (Parce que le lino bicolore tout pourri, ça va pas être possible de le garder!).

A part ça…

La musique de la semaine:

  • La cassette de Charles Trenet que j’avais offerte à mon grand père pour ses 80 ans et la cassette « Flower power » (musiques de Woodstock) que j’ai piqué à ma mère en appelant ça « une avance sur héritage ». Le tout dans mon poste Fischer Price marron que j’ai eu pour mes deux ans. J’aime le vintage je vous dit! Le neuf m’angoisse!
  • Arnaud de son côté a tenté désespérément de capter une radio écoutable avec sa petite radio solaire dans la nouvelle maison. Après deux jours à avoir écouté l’émission d’Anne Roumanoff avec lui parce qu’on faisait un truc à deux et que j’avais pas le choix (je veux dire, il dit rien pour la cuisine, je vais pas EN PLUS lui faire écouter du Charles Trenet, il va me quitter sinon) je peux vous dire qu’il a échoué. Je crois que j’aurais préféré Radio Margeride.
  • Maxine de son côté a écouté Louise Attaque, Pierre Perret et Georges Moustaki avec sa mamie qui est un peu vintage aussi et n’a pas youtube et le bluetooth, et, bien sûr, elle a réclamé du Sebastien Patoche dès qu’elle est rentrée à la maison. Des fois que ça nous aurait manqué…

Les films de la semaine:

  • Deux épisodes de Game of Thrones les soirs de chantier, on était tellement claqués que je suis pas sûr qu’on soit arrivés à la fin du générique. Mais vu qu’on avait pris la dernière saison c’est vraiment pas grave tellement elle est nulle. (Y’a que moi qui suis encore en colère un an après?).
  • J’ai regardé « Hollywood » sur Netflix. J’étais à fond. A FOND! Les six premiers épisodes. Hier j’ai regardé le septième, et dernier, je suis fanée. Par contre, Jim Parson (qui joue Sheldon dans le big bang) est absolument époustouflant. Du coup je sais pas si je le conseille ou pas. Qui l’a vu? Qui en pense quoi?

La cuisine de la semaine:

  • Pas grand chose du coup, mais samedi j’ai fais des crêpes avec Maxine.
  • Question aux végétariens: après trois semaines sans manger de viande j’ai eu de grosses envies quasi irrépressibles cette semaine. C’est normal ou pas? Comment on fait pour que ça passe? D’avance merci pour vos conseils.

La révélation de la semaine:

  • Dernièrement j’avais une passion pour les tiny house. Après trois jours à deux dans le chalet (et même à quatre le temps d’un repas) j’ai changé d’avis. Je ne veux pas une baraque de 120 mètres carrés mais j’ai besoin de pouvoir ouvrir mes placards de cuisine sans avoir à déménager tout le salon au préalable. Du coup pour ma retraite (genre, je vais en avoir une) il faut que je trouve une nouvelle lubie.

Les adieux déchirants de la semaine:

  • Après 14 ans de bons et loyaux services mon piercing à la langue a décidé de me quitter. Il avait fait plusieurs tentatives ces dernières semaines, il a réussi il y a 5 jours. C’est très con mais ça me fait très bizarre parce que c’était ma dernière excentricité (à part mes tatouages je veux dire…). Je n’ai plus les cheveux de couleur bizarre, plus de crête, plus de côté rasé, plus d’anneau dans le nez, je suis mariée et maman, j’ai un CDI et des crédits à la banque et ça fait des plombes que j’ai pas mis une robe de pinup. C’est un peu comme si mon piercing était le dernier truc qui me séparait de la norme. Du coup j’étais hyper triste. Puis je me suis souvenue que je suis complétement barrée et hyper loin d’être normale. En fait ça fait 32 ans que plus on tape pour que je rentre dans les cases plus je m’éparpille. J’ai pas besoin d’une barre dans la bouche pour être décalée. Alors du coup ça va, je le vis moins mal.
  • Après un an et demi à tenir bon contre vents et marées et tous les abrutis qui ne savent pas de quoi ils parlent nous avons dû dire au revoir aux couches lavables. Maxine est arrivée à un age où ça déborde trop souvent du coup ce n’est plus du tout un truc positif parce que ça la gène vraiment et ça la fait pleurer. Comme on va attaquer le pot quand on aura déménagé et que ré-investir dans des couches plus grandes et plus absorbantes serait vraiment très couteux pour au final n’être utilisées qu’une courte période on s’est résolus à passer aux couches jetables. Personnellement je suis au bord de l’apoplexie quand je vois ma poubelle et que je pense à mon empreinte carbone. Et je vous parle pas de l’odeur. On a jamais eu de problème avec les lavables et là d’un coup ça pue. Mais comment font les parents dit « normaux » pour survivre? (C’est une question rhétorique bien sûr, je sais comment ils font, et si on me parle de poubelle à couches ou des sacs parfumés je vais me mettre très en colère..). Bref, Adieu mes jolies couches, ce fut un plaisir de vivre cette aventure avec vous. Arnaud, Maxine, mon compte en banque, la planète et moi même vous remercions du fond du cœur et vous souhaitons beaucoup de bonheur dans votre futur foyer.

Voilà voilà pour cette dernière semaine de confinement (je dis dernière mais quand je vois l’allure à laquelle les gens sont ressortis n’importe comment on va se faire re-confiner plus vite qu’on ne le croit), semaine extra positive dans la casa de Mas. Comme tout le confinement d’ailleurs.

Et vous? Ça va?

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