La vie dans la forêt

J+22

Je suis à la bourre, ça passe à toute allure.

Déjà trois semaines de bonheur dans notre petit coin de paradis.

On a bien avancé les travaux, d’ailleurs tout ce que l’on pouvait faire nous même est fait. A part la chambre d’amis. Et la cage d’escalier. Mais ça nécessite de laisser Maxine quelques jours quelque part et, là tout de suite maintenant, c’est pas à l’ordre du jour.

Tout ce qui doit être fait par des professionnels qualifiés (isolation extérieure, fenêtres, poêle à bois et salle de bain) sera fait avant fin octobre. Si tout se passe bien. Croisons les doigts. Et faisons bruler quelques cierges aussi. Juste au cas où. Prions aussi pour un début d’automne clément. Sinon on va avoir un peu froid quand même.

J’ai enfin trouvé un plombier. Merci Virginie, je te fais faire un mausolée. Tu me diras si tu préfères du marbre ou du bronze.

La maison est bien investie. Y’a des rideaux aux fenêtres, des cadres aux murs, de la déco dans toutes les pièces, Excalibur trône dans l’entrée. On croirait qu’on y vit depuis déjà un bon moment. Il faut juste pas ouvrir le garage. Qui est plein à craquer de cartons… Non seulement j’arrive pas à comprendre comment on a pu accumuler autant de trucs en moins de 7 ans mais en plus je sais vraiment pas où on va tout caser. Je comprends encore moins où on avait casé tout ce bordel dans l’ancienne maison qui était plus petite.

J’ai réussi à transformer une allée de rosiers en friche en un mini potager en une semaine. Hyper fierté de moi même. Bon après c’est vraiment du dépannage pour cette année en attendant qu’on défriche plus grand et mieux parce que c’est pas avec quelques pieds de courgettes et de tomates qu’on va atteindre l’autonomie alimentaire. Mais quand même, c’est un début. Et c’est joli.

Lundi nous avons accueilli nos nouvelles poules: Régine, Harry, Tormund et Ygritte. Maxine était au taquet. Elle a d’ailleurs installé sa chaise devant le poulailler pour les regarder et n’a consenti à changer d’activité que quand la pluie s’est mise à tomber sévèrement. Du coup j’ai installé son salon de jardin et son toboggan à côté du poulailler, c’est son centre aéré perso.

Y’a des fleurs partout. Y’a des fraises sauvages partout. Y’a des oiseaux qui chantent partout. Et en trois semaines j’ai vu passer 10 voitures maximum. Et vue la côte et les épingles à cheveux personne ne dépasse les 15 à l’heure. Joie bonheur.

Ça c’est le côté pratique.

Pour tout le reste…

Maxine passe sa vie dehors. C’est sans aucun doute la plus heureuse de nous trois. Dès le biberon terminé elle enfile ses bottes par dessus le pyjama pour aller voir les poules, manger des fraises, courir après les chats, monter et descendre les escaliers, faire de la patouille et j’en passe. D’ailleurs si on l’écoutait elle ne rentrerait que pour dormir. Et comme vous le savez, elle ne dort pas beaucoup.

Quand on arrive à la tenir dedans elle passe son temps dans sa chambre à dire « woooow c’est beau ta chambre, wooooooow ».

Quand elle est ronchon ou qu’elle chouine ou qu’elle fait un caprice il suffit de dire « tu veux aller voir les poules? », elle s’arrête net et elle crie « ouais les poules ouais les poules ouais les poules » en allant mettre ses bottes. C’est absolument magique. Et génial. Et mignon. Et aussi, soyons honnêtes, hyper pratique.

Elle demande à mettre ses restes de tartines (et on la soupçonne même de se priver un peu pour en donner plus…) sur le bord de la fenêtres pour les oiseaux. Et après elle guette leur passage.

Arnaud est très content aussi. Bien que légèrement surbookée en ce moment.

Et moi personnellement je nage dans un bonheur délirant.

Déjà parce que c’est beau partout où je regarde. Ensuite parce que la bande son à base d’oiseaux et de rivière est vachement plus sympa que celle qu’on avait avant. Enfin parce que comme Maxine j’adore être dehors. Et regarder les poules. Et manger des fraises.

500 points bonus dans la catégorie « les petits bonheurs simples »: j’ai une tyrolienne pour étendre mon linge de ma terrasse. Je suis tellement émerveillée par le système et la rapidité du séchage que j’en suis à aimer faire la lessive!

Je viens de passer mes deux semaines de congés à crapahuter avec ma fille c’était trop de bonheur. Hier soir j’étais au fond du seau à l’idée de quitter ma forêt pour aller bosser. Alors que, concrètement, je bosse à 40 minutes de route, dans une mini ville de 4800 âmes, autant vous dire que quand j’arrive en ville à 20h15 on peut difficilement parler d’embouteillages et de surpopulation. Mais quand même. Si je pouvais trouver un truc qui me permette de rester chez moi ET de payer le crédit de la baraque j’hésiterais pas une seconde. Et pourtant, j’adore mon boulot. Mais, apparemment, j’adore encore plus la forêt.

La nouvelle maison c’est un peu comme le confinement (et moi, j’ai adoré le confinement) parce qu’on est à au moins 10 bornes de quoi que ce soit alors on sort pas pour n’importe quoi mais avec la famille et les copains de temps en temps en plus.

La nouvelle maison c’est un tas de projets écolos et autonomes à mettre en place en famille et c’est hyper motivant, enrichissant…

La nouvelle maison c’est plus de temps en famille, à profiter de la compagnie les uns des autres, à ne rien faire de spécial, à vivre pleinement chaque petits instants de bonheur.

La nouvelle maison c’est tout ce dont j’avais rêvé pour Maxine.

C’est rigolo parce qu’on l’a cherché pendant un an, dans le processus on était tombés amoureux de trois autres maisons avant (on est un peu des cœurs d’artichaut de l’immobilier, dixit Arnaud), toutes nous sont passées sous le nez, à chaque fois on était dégoutés, à chaque fois ma meilleure amie me disait « c’est que c’était pas la bonne, tu verras ». Elle avait trop raison. En plus je fais partie des meufs insupportables qui voient des signes partout et: les anciens propriétaires étaient un papi Tchèque et une mamie Polonaise. Le grand père maternel d’Arnaud était Tchèque, ma grand mère paternelle était Polonaise. Certains y verront une coïncidence. Je ne suis pas de ceux là.

Voilà bientôt deux ans que je veux me mettre au « slow living », à la sobriété heureuse, à la décroissance. Deux ans que je lis du Pierre Rabhi et que j’écoute Pablo Servigne et Aurélien Barrau pour savoir par où commencer. En fait avec le déménagement ça s’est fait tout seul. Mon premier jour seule à la maison avec Maxine elle m’a dit « dehors maman? », on a mis nos chaussures, je lui ai pris la main et on est parties. On a fait deux kilomètres (c’est pas énorme mais elle a pas deux ans). On s’est émerveillées de tout ce que l’on voyait, on a écouté les oiseaux (« t’entends maman?! les oiseaux!!! »), on a ramassé des fleurs, des pignes, des cailloux pour les jeter dans la rivière, on a chanté des chansons, on a fait des pauses calinous, on a couru dans les descentes. Au final on a passé deux heures et demi dehors à profiter, de la nature autour de nous et l’une de l’autre.

Je ne dis pas qu’on l’avait jamais fait avant, je dis juste que c’est plus facile maintenant (vu qu’on est plus coincés entre le « centre village » et un « lotissement/ZAC »). Que c’est devenu notre quotidien. Et ça fait du bien.

Je n’ai jamais été aussi épanouie dans ma vie de maman, je ne me suis jamais sentie aussi proche de ma fille que là tout de suite maintenant.

Bref, on vit dans la forêt, Maxine court partout comme un petit lutin, on lui court derrière en riant, on est heureux, la vie est belle.

Et vous, comment ça va?

2 commentaires

  1. Je suis vraiment contente pour vous 3, vous vous êtes trouvés votre nid douillet, c’est des années de bonheur en perspective !
    Et c’est toujours génial quand les enfants peuvent grandir et s’épanouir en vivant au vert, qui plus est près de la forêt !

    Sympa le petit « cente aéré » de Maxine ! 😉

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