Le choix d’une vie

Si vous lisez mon blog parce que vous aimez mes histoires de maman tarée et dépressive, pour vous sentir moins seule ou pour rigoler alors cet article ne vous intéressera peut-être pas. Ou peut être que oui. On ne sait jamais. Et l’heure est bien trop grave pour ne pas l’écrire quand même.

Ce soir je ne vous parlerais pas des caprices de Maxine ou de mes techniques pour l’occuper le temps d’un petit rosé torché en scred’. Je ne parlerais pas de dépression ou de fucking three. Vous n’aurez pas ce soir non plus la réponse à la grande question « qu’est ce qui prend plus de temps, passer l’aspi ou d’abord décoller toutes les gomettes du carrelage? ». Putain de gomettes.

Et pourtant c’est bien un article inspiré par ma vie de mère.

Je n’ai jamais caché mes opinions politiques, ni ici ni ailleurs.

J’ai toujours milité, que ce soit dans un parti, un syndicat ou une association.

Pour moi la lutte c’est la vie. Et inversement.

D’habitude je ne fais ici que des allusions ou des clins d’œil. Ce soir je vais développer.

Alors voilà, je m’appelle Amandine, je vais avoir 35 ans, je suis Aide Medico Psychologique, j’ai une fille de 3 ans et demi et dimanche, je vais voter pour le programme de l’Union Populaire porté par Jean Luc Melenchon.

Le 21 avril 2002 est, je crois, la base de tout mon engagement politique. J’avais 14 ans et jamais je n’oublierais les larmes de ma mère. Et la colère de mon grand père.

Depuis que je suis en âge de voter on me vole mon choix à grands coups de vote utile et j’en ai marre.

Cette année le vote utile étant celui qui colle le plus à mes idées, je suis au top de ma vie.

Si je n’ai pas toujours été d’accord avec Jean Luc Melenchon, voir même parfois carrément fâchée et avec la furieuse envie de lui faire passer la carte de ma copine psy, force est de constater que face à l’urgence climatique, sociale et humaine, il est le seul à pouvoir, passez moi l’expression, nous sortir de cette merde. Lui ou Jésus. Mais je n’ai pas vu d’affiches pour le second.

Il y a quelques mois, alors encore indécise, j’en ai parlé à ma copine Audrey. Et ce qu’elle m’a dit m’a fait l’effet d’un électrochoc. Quatre mots. Qui ont tout changé.

« Tu as une fille ».

Oui. J’ai une fille. Perdue au milieu des débats, des sondages et la montée du fascisme décomplexé j’avais presque oublié.

Quel avenir je veux pour elle?

Je veux qu’elle vive dignement. Même si elle est issue des classes populaires.

Je veux qu’elle aille à l’école dans une classe où il n’y a pas 50 élèves et des enseignants sous payés et épuisés.

Je veux que, si elle en a besoin, elle puisse bénéficier de soins dans un hôpital où les soignants ne sont pas en sous nombre, exploités et au bout de leurs vies. Quand ils ne sont pas gazés dans la rue.

D’ailleurs je veux qu’elle puisse manifester sans être gazée. Sans risquer de perdre un œil ou une main.

Je veux qu’elle connaisse le bonheur et la richesse de la mixité sociale, ethnique, religieuse, qu’elle s’en nourrisse et qu’elle apprenne le vivre ensemble.

Je veux qu’elle ai les même droits que tout le monde. Même si c’est une fille. Même si elle est lesbienne. Même si elle est maman célibataire.

Je veux qu’elle travaille dans un domaine qu’elle aura choisi. Pas qu’on lui aura imposé. Parce que c’est une fille. Parce que ses parents sont prolos. Parce que l’université était trop chère. Ou que sais je encore.

Je veux qu’elle grandisse sur une planète viable. Qu’elle ne connaisse jamais la faim, la soif, les catastrophes climatiques et les guerres qui y sont liées et qui nous pendent au nez.

Je veux qu’elle grandisse dans un monde où la femme est l’égal de l’homme et où le gouvernement de son pays fait ce qu’il faut pour que ses droits soient respectés et ses plaintes entendues si elle en a. Je veux qu’on y mette les moyens parce qu’il y en a grand besoin.

Je ne veux pas qu’elle croit qu’il y a les très riches et les très pauvres. Et qu’on naît d’un côté ou de l’autre sans jamais pouvoir inverser la courbe de son destin.

Je ne veux pas qu’elle grandisse dans un pays où l’on chasse les étrangers en nous faisant croire qu’ils sont la source de tous nos malheurs. Où l’on cache la misère mais où l’on essaie jamais de réduire la fracture sociale. Où au contraire, on creuse, jusqu’à l’insupportable.

Parce que nous vivons à la campagne et que j’y ai moi même grandi je ne veux pas qu’elle croit qu’il est acceptable que les femmes d’agriculteurs aient une retraite inférieure au seuil de pauvreté, quand elles en ont une, alors qu’elles ont collaboré à la ferme toute leur vie. En plus des gosses, de la bouffe et du ménage.

Alors parce que je ne veux que le meilleur pour ma fille dimanche je voterais pour le programme de l’Union Populaire. Un programme ambitieux, le seul qui compte lutter contre le changement climatique, investir pour le droit des femmes et contre les violences qui leur sont faites, réinventer une société plus égalitaire et où chacun a une chance, abolir cette folie où les ultra riches nous bouffent le caviar sur le dos, veulent nous faire travailler jusqu’à la mort et où rien ne ruisselle jamais.

Alors oui, c’est un programme, peut-être que tout ne sera pas fait, pour le changement et les catastrophes climatiques c’est déjà trop tard. Mais peut on vraiment se permettre de repasser 5 ans avec un ultra libéral qui a commencé la destruction du système social, merci le covid de l’avoir empêché d’aller jusqu’au bout, qui ne pensent qu’à s’enrichir, lui et sa bande de potes, et qui se fiche de l’écologie comme de sa première Rolex? Non, on ne peut pas.

Peut on encore se permettre de devoir choisir entre la peste et le choléra? Entre la misère et le fascisme à peine déguisé? Non, on ne peut pas.

Peut on travailler moins et moins longtemps, dans des conditions dignes et avec des salaires qui nous permettent de vivre et non de survivre parce que c’est nous qui produisons les richesses, avoir plus d’égalité et des droits à la mesure de nos espérances, se préparer aux catastrophes qui arrivent et peut être éviter un emballement, confisquer à ceux qui en ont vraiment trop parce qu’au bout d’un moment « ça suffit tu partages! » (je crois sincèrement qu’il faudrait parler aux riches comme aux enfants de trois ans, ils ont clairement oublié les bases des apprentissages? On vous laisse 12 millions. DOUZE MILLIONS! Franchement vous êtes larges.) Oui on le peut. Et on le doit.

Dimanche je voterais Jean Luc Melenchon. Et je croiserais tous mes doigts et mes orteils pour que ça passe.

Parce qu’on a plus le temps. Parce qu’on ne peut plus perdre 5 ans.

L’heure est grave et il y a urgence.

Alors s’il vous plaît, dimanche dans l’isoloir, ne vous trompez pas de colère.

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