Voyage voyage. Episode 2.

Donc le train est reparti.

Il faisait nuit et très froid.

Il était très tôt.

On avait très faim.

On est allé au buffet de la gare prendre un petit déjeuner. J’ai juste eu le temps de m’émerveiller une minute trente sur les roulés à la cannelle puis Maxine a commencé une longue série de caprices. Elle avait chaud. Elle voulait aller dehors. Mais pas remettre sa tenue de neige. Son cacao était trop chaud. Puis trop froid. Puis pas bon. Puis elle grimpait debout sur les banquettes et refusait de descendre. Et encore 50 autres trucs qui m’ont fait dégoupiller bien trop de fois pour un premier jour de vacances à l’étranger et avant 8h du matin.

J’ai profité de la WIFI pour dire à Arnaud qu’on était bien arrivées. Et que j’allais peut-être laisser sa fille dans un tas de neige et partir en courant. Mon téléphone qui devait penser qu’il était en vacances n’a pas chargé mes mails. Sinon j’aurais vu que j’avais une réponse de la dame de la résidence où nous nous apprêtions à aller poser nos sacs.

Donc après deux cigarettes et trois postures de yoga seule sur le quai de la gare j’ai, tant bien que mal, remis Maxine dans sa tenue de neige, mis mon gros sac sur mon dos et mon petit sur mon ventre et nous sommes parties à la recherche de cette résidence. Le soleil commençait à se lever, la ville était moche mais la lumière était belle. Il faisait froid mais on était bien couvertes. La route glissait mais avec nos chaussures à crampons on a réussi à ne pas tomber. Et Maxine se laissait glisser entre nous pendue à nos mains. Parfois pour jouer. Parfois en criant « noooooooooooooooooooooooooooooooooon, je veux paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas *insérez ici un motif de caprice*! ».

Au bout d’un moment j’ai eu un doute sur l’itinéraire. J’ai demandé à un monsieur qui promenait son chien si il parlait anglais. Il m’a répondu « pas trop ». Je lui ai demandé si il connaissait l’adresse que je cherchais en lui montrant la capture d’écran sur mon téléphone parce que j’étais absolument incapable de le prononcer. Il m’a répondu, dans un anglais absolument parfait, que oui, et qu’il allait nous accompagner. J’aurais voulu lui faire un câlin mais je ne m’étais pas plus renseigné sur les traditions Finlandaises depuis la gare d’Helsinki, mon sac devant me gênait et Maxine hurlait sur le trottoir « Je veuuuuuuuuuux paaaaaaaaaaaas que mamaaaaaaaaaaan parle anglaiiiiiiiiiiiiiiiiis! ». Donc j’ai juste dis merci. Et on l’a suivi.

Arrivées devant la résidence nous nous sommes trouvées devant une très belle porte vitrée, décorée de magnifiques étoiles en papier et autres lanternes très populaire dans les pays du Nord. A l’intérieur la déco était magnifique, il y avait des plaids en pilou et des peaux de bêtes partout. Et encore plus de lanternes. Sauf que la fameuse porte était fermée. Désespérément fermée. Même en la secouant très fort. Même en mettant des coups de pieds dedans.

Et oui. Si j’avais eu mes mails j’aurais vu que ce jour là, et seulement celui là parce que j’ai vraiment beaucoup de chance, elle n’ouvrait qu’à 10H30 et que notre appartement ne serait prêt qu’à 11H. Mais je n’avais pas eu mes mails…

Il était 8H et des bananes, il faisait toujours froid, Maxine hurlait toujours, ma mère ne savait plus quoi faire. J’étais désespérée. J’ai vu le moment où j’allais jeter ma fille sous un chasse neige. Je l’ai donné à ma mère et je suis partie faire un tour de pâté de maison pour souffler très fort. Du coup avec le froid j’ai failli me décoller un poumon.

Quand je suis revenue Maxine ne pleurait plus, j’ai déneigé une chaise, on s’est assises dessus et on a attendu. Dieu merci à un moment une locataire de la résidence est descendue dans le hall et quand elle a vu nos têtes dépitées elle nous a ouvert la porte. On devait toujours attendre mais au moins on était au chaud.

On a lu des histoires, fait des dessins, fait des micro siestes, refait des dessins, relu des histoires.

A un moment Maxine a voulu aller faire un bonhomme de neige sur le trottoir. C’est bien entendu quand j’ai eu remis mes gants bien coincés entre la manche de mon pull et celle de ma veste et commencé la boule pour le corps que mon téléphone a sonné. Pour un boulot auquel j’avais postulé la semaine d’avant. J’ai dit « je suis en train de faire un bonhomme de neige en Laponie mais oui bien sûr on se voit mardi pour un entretien ». Je me suis dit que la chef devait déjà me prendre pour une tarée.

A 10H30 pétantes, juste quand j’allais mettre le feu à « Martine et la nuit de Noël », la dame de la résidence est arrivée. Elle m’a expliqué, dans un anglais parfait également, qu’elle ne parlait pas bien anglais (les Finlandais sont apparemment très modestes) mais qu’elle était désolée qu’on ait dû attendre et qu’elle allait faire au plus vite. 30 minutes plus tard on était dans notre appartement. Il était encore mieux que sur les photos. Il y avait même un sauna (ce qui n’a étonné que moi, ma mère savait qu’en Finlande il y a plus de saunas que d’habitations). On était au top de notre vie. Ça n’a pas duré parce que Maxine a trouvé une caisse de jouets. Avec QUE des jouets qui faisaient du bruit dedans. Et des talons en plastique dont le son sur le parquet m’ont donné envie de me pendre avec une guirlande lumineuse.

On a réussi à les lui faire quitter après des négociations aussi longues que celles du conflit Israelo-Palestinien et nous sommes parties à la recherche d’un supermarché.

Ne lisant toujours pas le Finlandais j’ai béni, pour la seule et unique fois de ma vie, la mondialisation qui fait que où que tu ailles sur la planète tu trouves les mêmes trucs à bouffer, et la publicité et ses logos reconnaissables entre 1000.

On est rentré à l’appartement. On a mangé. J’ai dit pour la 180ème fois ce jour là « si tu continues on ira pas voir le Père Noël ». Ma mère a dit pour la 100ème fois « Amandine calme toi ». Et on est toutes parties à la sieste.

Après le goûter on est allées faire un tour de la ville. Il faisait déjà sombre. C’était vraiment très moche. Il faisait froid. Mais avec Maxine dans le porte bébé ça allait. On a admiré les dames avec les chevilles à l’air qui nous donnaient froid juste en les regardant, les gens qui faisaient du vélo sur la neige sans tomber et les mamies qui avaient des déambulateurs montés sur patinettes et les triple brosses pour enlever la neige des chaussures devant toutes les portes. On a fait du lèche vitrine. On a bu des litres d’eau parce que le froid ça dessèche. On s’est extasiées devant un très grand sapin de Noël et des sculptures de rennes à tous les coins de rue. Je me suis retenue d’acheter l’intégralité du stock de gnomes de la ville On a vu qu’il faisait -5°, on a dit « j’aurais dit moins », Maxine a refait des caprices. Puis on a trouvé une agence qui vendait des excursions pour aller voir les aurores boréales et on y est entrées.

Les prix étaient largement plus abordables que ce que nous avions imaginé. Le monsieur, qui m’avait lui aussi dit qu’il parlait mal anglais, m’a expliqué le déroulé du truc hyper clairement et presque sans accent (la modestie Finlandaise commençait à devenir agaçante) tout en m’assurant que oui, Maxine pouvait venir sans problème. Du coup on a réservé pour le lendemain.

On est rentré à l’appartement. On s’est douchées. Maxine, entre deux caprices, a passé des plombes dans le sauna parce qu’elle avait décidé que c’était la maison de Boucle d’Or et des trois ours. On a mangé et puis on s’est couchées.

J’étais claquée, j’étais fanée de comment s’était passé la première journée, j’en voulais à ma fille pour son ingratitude, je m’en voulais à moi de m’être lancée dans cette aventure avec une petite de trois ans, j’en voulais à ma mère qui n’avait rien fait mais au point où j’en étais c’était « tir groupé ».

Puis je me suis dit que demain serait un autre jour, qu’on allait voir le père Noël, que tout serait magique et féerique, que rien ne pouvait possiblement mal se passer au pays des lutins et que le soir on rirait de tout ça sous un ciel vert bleu et violet.

Si j’avais su comment ça allait se passer je me serais jetée dans un trou du fleuve gelé de Rovaniemi.

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